Comment les utiliser
L’appréhension est le sujet, pas un effet secondaire
Quelqu’un dans la salle redoute déjà l’appel, et cette appréhension est le vrai
sujet du chapitre 1. Ne laissez pas la séance se terminer sans dire ce qui la
dissout : ils ne commencent rien, ils rejoignent ce que Dieu avait déjà mis en
route.
Guettez le contresens voisin : un groupe qui reçoit le mot « confiance » comme
une menace et se crispe au lieu de se détendre. Le mot décrit ce qu’on leur a
remis ; il ne les met pas en garde.
Le chapitre 2 a la même forme. « Vous n’êtes pas l’expert » s’entend parfois
comme un verdict d’incompétence, alors que c’est l’affirmation inverse : leur
travail consiste à transmettre ce qu’on leur a transmis, et c’est cela même qui
les rend aptes.
Relisez leurs réponses face à la fiche
Une équipe peut approuver la distinction du chapitre 2 avec la bouche, puis
décrire tranquillement une invitation au culte. Le remède n’est pas une
explication de plus : faites-leur relire, à voix haute, ce qu’ils ont écrit au
dernier exercice, en le posant à côté de la phrase imprimée sur la fiche.
Envoyé vaut mieux que bien tourné
Le chapitre 3 attire les ateliers d’écriture, et peaufiner sert souvent à
repousser le dernier exercice. Arrêtez dès que cela commence. Le message n’a pas
à être réussi ; il doit partir. Lisez le vôtre, imperfections comprises, et
décidez avant la séance comment vous noterez les engagements et comment vous y
reviendrez.
Deux choses sont à nommer franchement quand elles apparaissent : le troisième
message qu’on prévoit après un silence, et l’amitié qu’on entretient seulement
pour obtenir une étude. Les gens perçoivent toujours ce calcul.
C’est par la gentillesse que la barre monte
Presque tous les échecs de ce cours partent d’une bonne intention, et chacun a
une forme qu’on reconnaît.
Arriver avec des documents « au cas où » (chapitre 4) est la manière la plus
fréquente de compliquer ce qui devait rester simple. Raconter dès la première séance
tout ce qui attend la personne sur douze semaines (chapitre 6), c’est de l’enthousiasme, et cela
transforme la deuxième rencontre en question à laquelle on ne peut pas répondre.
Proposer son aide à un groupe naissant (chapitre 9) est généreux, et le prendre
en main sans s’en rendre compte est ce qui les tue le plus souvent.
Dites donc à quoi servent les trois règles du chapitre 4 : elles protègent le
chercheur autant que le bénévole, et confier un contact à quelqu’un d’autre est
une chose banale, pas une défaite. Donnez le nom de la personne qui reçoit ces
contacts, pas seulement la règle.
Le récit raconté est la porte, et les mots sont fixés
Au chapitre 5, un groupe voudra expédier le moment où l’on raconte le récit pour
arriver aux questions. Or c’est là qu’on avale, et c’est là qu’on vérifie la
compréhension : sans lui, rien ne se digère.
Surveillez aussi celui qui invente une nouvelle image pour Manger, Digérer,
Grandir parce qu’il trouve la sienne plus claire. Les trois mots sont figés
précisément pour qu’une personne qui ne connaissait personne il y a un mois
puisse les redire tels quels.
Et au chapitre 6, ce sont les questions de retour sur la semaine qui font
avancer le groupe. Un groupe qui les traite comme une mise en jambes avant
l’essentiel a tout inversé : ce n’est pas le passage qui fait tourner le moteur.
Deux aveux honnêtes à protéger
« Je ne sais pas » n’est honnête que si l’on enchaîne aussitôt en proposant de
chercher dans le récit, puis qu’on y regarde réellement. Sans cela, c’est une
excuse pour ne pas faire l’effort.
Et prendre du recul est une compétence, dès la première phrase du chapitre 8 —
ni un échec, ni une affaire de bénévoles moins solides. Il est probable que
quelqu’un dans la salle vive une de ces situations au moment même ; prévoyez
d’en parler avec lui en tête-à-tête, après la séance. Repérez aussi le bénévole
qui mesure sa valeur au fait que « rien ne s’est encore passé » : c’est ce poids
qui fait lâcher au bout d’un mois et demi.
Enfin, le « pas encore » du chapitre 9 encadre ce que nous proposons, et à
quel moment. Il ne veut pas dire « jamais », et il n’exprime aucune
hostilité envers l’Église locale. Sachez ce que vous répondrez si quelqu’un
demande à vous accompagner dimanche prochain.
Utiliser les deux livres
Le cahier d’exercices appartient au participant : une courte introduction,
les questions, la place pour écrire. Imprimez-le en recto verso pour un classeur.
Le livre de l’animateur contient tout cela, plus l’enseignement complet et la
couche réservée à l’animateur — la durée de chaque chapitre, ce qu’il faut
préparer, les points d’attention. Gardez-le ouvert devant vous pendant la
séance. Il contient des réponses et des notes absentes du livre du participant :
distribuez le cahier, jamais celui-ci.