Comment les utiliser
Les deux échecs viennent de l’amour
Dites-le dans les cinq premières minutes du chapitre 1, avant que quiconque ne
se sente visé. Des bénévoles qui entendent le mot « appâter » et se braquent ne
pourront plus être francs de toute la séance — et la franchise, c’est tout le
cours.
Gardez ensuite la première personne du pluriel. Il y aura toujours quelqu’un
pour raconter l’erreur d’une autre association plutôt que la sienne : ramenez
la conversation à la dernière fois où nous avons servi quelqu’un.
La question d’entrée se dit toujours avec les mêmes mots, et quelqu’un en
proposera une version plus coulante que la salle trouvera plus sympathique.
Remerciez, ne cédez pas, et expliquez pourquoi : une consigne sans raison ne
tiendra pas jusqu’à la sortie du bâtiment.
Entraînez-vous jusqu’à pouvoir la dire sans y penser. Si l’animateur hésite sur
ces mots-là, le groupe en conclut qu’on peut les arranger.
Et quand une équipe préfère discuter de l’utilité de la phrase avant de
l’avoir prononcée une seule fois, commencez par la leur faire prononcer. La
discussion perd presque toujours de son intérêt une fois la phrase dans la
bouche.
Plus tôt ne veut pas dire moins
Au chapitre 3, beaucoup entendront « Avez-vous un sujet de prière ? » comme une
version adoucie, au rabais, de la question d’entrée. Ce n’est pas une question
de moindre valeur : elle intervient plus tôt dans le parcours, et pour
certaines personnes c’est la seule porte qui existe.
Deux glissements voisins. D’abord, l’envie de recueillir les sujets sans
jamais prier pour eux — dites dès le chapitre 3 ce que la fiche devient alors,
sans attendre le chapitre 5. Ensuite, au chapitre 5, une équipe qui voit la
prière comme une mise en route et le téléphone comme la vraie tâche. Dites sans
détour où ce chapitre place le vrai travail, et envisagez de consacrer une
partie de la séance à prier pour de bon : c’est le seul chapitre dont
l’exercice peut se vivre sur place, tel quel.
Méfiez-vous aussi de celui qui ouvre l’appel par l’invitation pour gagner du
temps. Au bout du fil, on n’entend que cela : quelqu’un qui veut gagner du
temps.
Les petits ajouts qui défont tout
Trois réflexes bien intentionnés défont chacun un chapitre, et tous trois ont
l’air de la conscience professionnelle.
Le champ de plus sur la fiche (chapitre 4) : demandez quel usage on en fera et
qui le lira — le plus souvent, personne. La case 2 réservée de fait aux
croyants, qui retourne le chapitre contre lui-même et le sera dans la pratique
si personne ne le dit ici. Et le « tout le monde s’en occupe » du chapitre 6,
qui est l’échec présenté comme une qualité.
Si, au chapitre 6, une objection porte en réalité sur la confiance envers une
Église en particulier, ne la balayez pas. Gardez-la pour le chapitre 7 : c’est
pour cela qu’existe l’accord écrit.
Les trois règles sont fermes
Le chapitre 7 est le plus long, et c’est normal. Deux choses à tenir.
Le responsable d’Église qui lit dans l’accord un soupçon à son égard : dites
tôt que le document le protège lui aussi, puisqu’il met noir sur blanc ce que
l’équipe qui confie attend de lui. Et toute tentative de faire des trois règles
de simples conseils : ce cours n’en connaît aucune version souple.
Au chapitre 8, le même problème revient à l’envers : « nous sommes trop petits
pour un accord ». La petite taille ne supprime pas les garde-fous ; elle veut
dire que ce sont les mêmes quelques personnes qui s’y engagent. Repérez le plus
petit ministère présent et déroulez tout le parcours avec lui, devant le
groupe. Et quand une équipe se met à imaginer une nouvelle action, rappelez que
le chapitre dit l’inverse : partir de ce qui se fait déjà.
La liste parallèle, sous un jour plus aimable
Le chapitre 9 met en cause le bilan de l’animateur lui-même : commencez donc
par votre propre dérive, racontée comme un échec.
Guettez ensuite son erreur typique : un responsable qui comprend « vérifier que
les personnes confiées arrivent quelque part » et se met à tenir un fichier des
chercheurs. C’est la liste parallèle que les chapitres 6 et 7 excluent, et il
sera persuadé de bien faire. « Juste un petit coup de fil à deux ou trois
d’entre eux » relève exactement de la même logique, en plus discret.
Enfin, la volonté de corriger les trois dérives d’un coup aboutit presque à
coup sûr à n’en corriger aucune.
Les deux livres
Le cahier d’exercices est celui du participant : une courte introduction,
les questions, la place pour écrire. Imprimez-le en recto verso pour un
classeur.
Le livre de l’animateur reprend ce contenu et y ajoute l’enseignement
complet et tout ce qui sert à animer — la durée de chaque chapitre, ce qu’il
faut préparer, les points d’attention. Gardez-le ouvert devant vous pendant la
séance. Il contient des réponses et des notes absentes du cahier : distribuez
le cahier, jamais ce livre.