Comment les utiliser
Une liste n’est jamais un bulletin de notes
Trois chapitres mettent une liste entre les mains de la salle — les fruits, les
sept traits, les cinq pratiques — et chacune tournera à l’autoévaluation si vous
ne l’en empêchez pas.
Les fruits et les sept traits décrivent ce que produit l’Esprit. On ne s’en sert
pas pour se situer, et il ne faut jamais en faire un barème. Les cinq pratiques,
elles, se suivent dans un ordre, et c’est cet ordre qui agit ; une case à
cocher n’est pas la même chose.
Deux lectures voisines appellent une réponse franche. Dire qu’on ne fabrique
pas la patience par un cours ne revient pas à déclarer toute formation inutile :
la formation transmet une méthode, l’Esprit fait mûrir le fruit, et l’on a
besoin des deux. Et rappeler qu’un fruit maigre est banal indique où grandir —
ce n’est ni une excuse pour en rester là, ni une condamnation.
Surtout, ne laissez pas le chapitre 3 s’achever sur un constat d’échec. Si la
part d’espérance disparaît en route, la séance aura blessé au lieu d’aider.
Passez le premier, à chaque chapitre
Ce cours enchaîne les aveux, et aucun ne fonctionne par procuration.
Dites quel fruit est le plus mince chez vous. Dites auquel des quatre portraits
vous ressemblez le moins. Dites ce que vous retenez encore — quelqu’un qui parle
d’envoi en gardant tout sous sa coupe prêche l’inverse. Lisez vos propres
changements de mentalité, car si vous n’apportez que les trois exemples du
livre, la salle vous rendra exactement ces trois-là.
L’exemple du chapitre 4 ne se prête pas non plus : il vous faut une vraie
personne que vous avez fini par voir, et elle viendra de l’exercice que vous
aurez fait vous-même la semaine d’avant.
Le caractère, pas le tempérament
Au chapitre 2, l’idée de « profil » ou de « personnalité » revient sans cesse,
et il faut l’écarter. Ce qui relie les quatre portraits, c’est un caractère
façonné par l’Esprit, non une manière d’être innée.
Méfiez-vous d’un groupe qui se met à les comparer ou à élire le meilleur : le
chapitre montre au contraire qu’ils différaient beaucoup, sans que cela pèse.
Et ne réduisez pas Barnabas à un second rôle — ce qu’il a fait de plus décisif,
c’est d’aller chercher un autre que lui.
Attendre n’est pas observer
Le chapitre 4 se fait souvent entendre comme une note d’optimisme. Ce n’en est
pas une : il affirme que Dieu agit déjà, là, avant que vous y mettiez les pieds.
La déformation pratique consiste à faire de « chercher où il agit » un prétexte
pour ne bouger qu’une fois sûr de soi. Or observer, c’est déjà agir. Et si
quelqu’un exclut d’emblée tout un type de personnes, dites-le en toutes
lettres : personne n’est hors du champ, et le laisser entendre ne suffit pas.
On retrouve la même pente au chapitre 1, sous la forme « prions et ne faisons
rien d’autre ». L’ordre ne bouge pas, mais accompagner les gens reste
nécessaire. Quand quelqu’un plaide pour les inscriptions en bout de rang, il a
raison sur un point — les places se remplissent ; demandez-lui où en étaient
ces volontaires à la Toussaint.
Ne faites pas la démonstration brillante
Le chapitre 7 parle de retenue, et la pratiquer devant eux enseigne mieux que
l’expliquer. Préparez-vous à laisser durer les silences pendant cette séance.
L’animateur qui montre la version éblouissante échoue sous les yeux de tous à
la troisième pratique. Et soyez attentif au groupe qui voit dans la confiance en
la Parole et en l’Esprit l’étape douce : c’est elle qui tient tout le reste.
Finir par la prière, et par des dates
Avant la huitième séance, arrêtez que le cours se conclura en priant pour des
ouvriers. Sans cette décision prise à l’avance, vous glisserez vers une
récapitulation des traits — et s’arrêter là offre à chacun un chantier
d’amélioration de soi au lieu d’une moisson.
Deux derniers points. Quelqu’un voudra se lancer « quand il sera plus patient » ;
répondez-lui sans détour que le caractère se forme en chemin. Et tous les
engagements de ce cours meurent de la même façon : sans jour fixé et sans
prénom. Renvoyez-y la salle, au chapitre 1, au chapitre 6 et à la fin.
Les deux livres
Le cahier d’exercices appartient au participant : une courte introduction,
les questions, la place pour écrire. Imprimez-le en recto verso pour un
classeur.
Le livre de l’animateur, c’est ce guide plus tout l’enseignement et la
couche réservée à l’animateur — durée de chaque chapitre, préparation, points
d’attention. Gardez-le ouvert devant vous pendant la séance. Il contient des
réponses et des remarques absentes du livre des participants : distribuez le
cahier, jamais celui-ci.