Comment les utiliser
Une confession ne supporte aucune réserve
Le premier chapitre est un aveu, et la moindre restriction qu’on y glisse transforme
l’aveu en reproche — c’est d’ailleurs la seule partie que la salle retiendra. Une
phrase qui reconnaît sans rien réclamer est la seule qui soit crue.
Deux autres choses à son sujet. Ce n’est pas une parole qu’on prononce une fois pour
cocher une case : vous la redirez souvent, pendant plusieurs années, et c’est cette
répétition qui lui donne son poids. Et si, en toute honnêteté, vous n’avez jamais
accompagné jusqu’au bout quelqu’un qui ne croyait pas encore, ce n’est pas une
lacune de votre préparation. C’est la tâche elle-même, et le chapitre 2 le dit.
Ne passez pas le relais au collaborateur qui s’y prend mieux que vous. Vous
obtiendriez une personne compétente et aucun changement, parce que les récits
appartiendraient à quelqu’un que l’assemblée ne suit pas.
L’annonce et la vitrine échouent toutes les deux
Le grand appel lancé depuis la chaire est la manière la plus répandue dont cette
démarche s’éteint. On a l’impression de diriger ; on obtient de l’obéissance de
façade.
La même logique se retrouve dans le groupe-vitrine — un cercle formé pour que
l’Église vous regarde faire. Tôt ou tard, chacun comprend que c’est un essai, et un
essai, cela peut s’arrêter.
Partez donc des quelques personnes réellement partantes, celles de votre vraie
liste. Si cette liste est vide, ne commencez pas par là : retournez animer votre
propre groupe. Et allez chercher les insatisfaits plutôt que les dévoués de
toujours — ceux qui acceptent tout accepteront aussi ceci, et cela ne signifiera
rien.
Allez vous asseoir dans la pièce, n’envoyez pas de courriel
Le chapitre 4 transforme ce qui existe déjà, et une question imposée par écrit n’est
qu’une obligation déplacée dans une pièce plus petite.
Repérez, parmi vos rencontres, celles dont le responsable accueillera volontiers la
démarche et celles dont le responsable s’en sentira jugé. C’est ce repérage qui
décide par où commencer, et une erreur ici vous fait perdre quelqu’un, pas seulement
une réunion. Et ne touchez pas au culte du dimanche en premier : toute l’Église en
dépend, personne ne vous a demandé de le modifier, et vous y laisseriez la confiance
dont vous avez besoin partout ailleurs.
Élargissez le tableau, ne le remplacez pas
Au chapitre 5, la tentation est de mettre au placard les anciens indicateurs pour
faire de la place aux quatre nouveaux. Une assemblée qui sent qu’on remplace ses
repères en douce vous accorde moins de confiance, pas davantage.
Connaissez vos propres chiffres avant d’en annoncer un seul, et attendez-vous à ce
qu’ils soient plus modestes que vous ne le pensiez — cet écart est précisément ce
qui justifie le chapitre. Puis empêchez qu’ils deviennent un palmarès. Le jour où un
groupe voit son chiffre retourné contre lui, plus personne ne répond franchement,
et la pratique est morte.
Deux chapitres où il faut une phrase prête d’avance
La protection du chapitre 6 porte sur une manière de vivre, jamais sur des
personnes. On vous interrogera, et une réponse trouvée dans l’urgence aura l’air
d’une mise à l’écart. C’est aussi un temps limité, avec une issue — le chapitre 8
est cette issue — et c’est une question de rythme que vous gardez pour vous, pas
une conviction à transmettre au nouveau groupe.
Face aux réticences du chapitre 7, ne préparez pas de contre-arguments. Une réplique
bien affûtée l’emporte sur le moment et vous fait perdre la personne. Et ne traitez
jamais la question doctrinale depuis l’estrade : vous reprendriez quelqu’un de
reconnaissable devant toute l’assemblée.
La lenteur est normale ; terminez par une date
Deux choses font chavirer les responsables dans les derniers chapitres, et aucune
n’est un échec.
La première : prendre la lenteur du terrain pour une faute personnelle. Certaines
Églises demandent cinq ans, et ceux qui renoncent le font presque toujours au cours
d’une période ordinaire, pas d’une période difficile. La seconde : adopter le rythme
de quelqu’un d’autre. Le parcours esquissé au chapitre 9 rassemble ce qu’on a
observé dans quelques Églises ; ce n’est pas une prédiction pour la vôtre.
Reste la fin. Sachez quel prix vous coûtera le plus avant d’écrire quoi que ce
soit : celui qui ne l’a pas identifié le paiera tout de même, mais par surprise, et
il le vivra comme une trahison. La seconde crainte appelle la repentance, pas une
méthode ; lui opposer une astuce, c’est apprendre à la cacher. Et ne refermez pas le
livre sans avoir fixé un jour. Être d’accord est la dernière façon, et la plus
trompeuse, de ne rien faire.
Les deux livres
Le cahier d’exercices appartient au participant : une courte introduction, les
questions, la place pour écrire. Imprimez-le en recto verso pour un classeur.
Le livre de l’animateur contient tout cela, plus l’enseignement complet et la
couche destinée à l’animateur — la durée de chaque chapitre, ce qu’il faut
préparer et les points d’attention. Gardez-le ouvert devant vous pendant la
séance. Il contient des réponses et des remarques absentes du livre du
participant : distribuez le cahier, jamais celui-ci.