Comment les utiliser
Dites ce que ce cours n’est pas, dans les dix premières minutes
Les gens arrivent sur la défensive. Ils s’attendent à une formation à
l’évangélisation, et un groupe qui se prépare à ce qu’on ne va pas lui demander
n’écrira rien d’honnête.
Alors dites-le d’emblée : ce cours s’arrête sur le pas de la porte. Il construit
une histoire courte et vraie, plus une invitation, et il ne demande à personne
de débattre, de conclure ou de convaincre. Cette phrase vous vaudra plus de
participation que tous les encouragements du monde.
Être d’accord n’est pas croire
Le premier chapitre obtient vite l’assentiment — évidemment, tout le monde peut
parler de sa foi — et cet assentiment ne prouve rien. C’est le travail écrit
qui le vérifie.
Derrière « je ne suis pas qualifié », il y a parfois de la honte plutôt qu’un
manque de savoir. Ne la désignez jamais devant les autres. C’est sur la feuille
qu’elle trouve ses mots, et la nommer en public produirait l’effet inverse de
celui que vous cherchez.
Le silence du chapitre 5 est ce que vous protégez
Tout ce que ce livre produit s’écrit pendant un seul bloc de vingt minutes sans
paroles, si bien que ce silence est la chose la plus fragile dont vous ayez la
garde. Il suffit d’une personne qui décide que le calme a assez duré.
Annoncez donc sa durée à l’avance : vingt minutes inexpliquées ressemblent à un
abandon plutôt qu’à de l’espace offert. Au bout de cinq minutes, quelqu’un
regardera encore une page vide ; approchez-vous avec une question plutôt
qu’avec une suggestion. Ne dictez jamais une phrase, elle cesserait d’être la
sienne. Et un temps resté vide est un résultat, pas un échec : c’est souvent là
que se trouve la vraie conversation de la soirée.
Les deux temps qui disparaissent
Presque tous les ratés de ce livre tiennent à deux oublis, et les deux passent
inaperçus vus de l’extérieur.
L’invitation tombe à la fin et laisse une histoire chaleureuse qui ne
propose rien à celui qui l’écoute. Le maintenant arrive conjugué au passé —
demandez avec bienveillance si c’est encore vrai aujourd’hui. Il existe une
troisième déformation, plus subtile : un « avant » qui a enflé pour ressembler
aux témoignages spectaculaires qu’on a entendus en réunion. Réduisez la
question au lieu de discuter la réponse — non pas « c’était grave à quel
point ? », mais « qu’est-ce qui me manquait ? ».
Veillez sur le groupe au chapitre 7
Dire son témoignage à voix haute est la séance où l’on peut faire du mal, et
trois choses l’évitent.
D’abord, personne ne retouche les faits d’un autre. Coupez court dès que cela
commence et donnez la raison à voix haute, parce que cette raison est toute la
leçon : une vie appartient à celui qui l’a vécue. Ensuite, placez délibérément
un témoignage ordinaire juste après un témoignage impressionnant ; sinon, le
second persuade sans bruit trois personnes que le leur ne mérite pas d’être dit.
Enfin, mettez une limite de temps aux tours de parole ; si l’un parle huit
minutes, l’autre n’a rien eu.
Composez les paires à l’avance, et acceptez de faire vous-même équipe avec
quelqu’un s’ils sont en nombre impair. Dans cette séance, personne ne devrait
se contenter d’écouter.
Terminez sur une date, et sur la prière
Le dernier chapitre est celui où l’on voit si le cours a eu lieu ou non. Un
engagement sans date est le seul échec qu’il existe pour empêcher, et on le
laisse passer facilement.
Une précision dont vous aurez besoin : montrer Jésus plutôt qu’un bâtiment
encadre nos invitations, non la curiosité des autres. Si quelqu’un demande à
venir au culte, accompagnez-le.
Terminez ensuite par la prière, à voix haute, et arrêtez-vous là. Un groupe qui
préfère finir en discutant laissera volontiers la conclusion se diluer.
Les deux livres
Le cahier d’exercices appartient au participant : une courte introduction,
les questions, la place pour écrire. Imprimez-le en recto verso pour un
classeur.
Le livre de l’animateur contient ce guide, plus tout l’enseignement et la
couche réservée à l’animateur — la durée de chaque chapitre, ce qu’il faut
préparer, et les points d’attention. Gardez-le ouvert devant vous pendant la
séance. Il porte des réponses et des notes qui ne figurent pas dans le cahier :
distribuez le cahier, jamais celui-ci.